La tourneuse de page

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26 juin 2010

L'Or blanc de Louis XIV - Odile Weulersse

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 L’histoire se déroule à Paris, à l’époque où le jeune Roi Louis XIV accède au trône et vit fastueusement à Versailles.


Le récit débute par l’arrestation par les forces de l’ordre du jeune Timoléon, apprenti barbier-chirurgien sans histoire. Il est accusé à tort de contrebande de sel. Bien qu’il clame son innocence, il est conduit au pilori et exposé en place publique, à la merci de la foule haineuse. Il échappe de justesse aux galères grâce à l’aide de sa sœur Armande et de leur ami Fleuridor, et va se réfugier à la Cour des Miracles, où se cachent de nombreux criminels. Il erre ainsi, dans la misère, acceptant les travaux les plus pénibles pour gagner de quoi survivre. Révolté par sa situation et ne supportant pas son nouveau statut de criminel recherché et sa nouvelle vie misérable, il se lance dans une enquête afin de prouver son innocence.


Durant ce temps, sa sœur Armande, couturière ambitieuse, est demandée en mariage par le Comte de Maronville, malgré le fait qu’elle ne soit pas noble, et sans dot. Bien qu’elle soit promise à Fleuridor, elle accepte cette union. D’une part, cela lui permettra de devenir une couturière connue, et d’autre part, le comte lui a promis de faire innocenter son frère Timoléon grâce à ses relations dans le milieu juridique. Cependant, le Comte se révèle au fil des pages comme un individu mystérieux et sournois.


L’Or blanc de Louis XIV est un livre assez dur, dans la mesure où l’on se confronte à la cruauté humaine à son stade le plus primaire. Par exemple, les parisiens se réjouissent de voir Timoléon au pilori, car cela constitue, en cette période de famine, une des seules distractions de leur vie maussade. Durant la quasi-totalité du livre, le peuple sera ainsi montré sous un jour plutôt noir, soit totalement indifférent, soit moqueur et amusé face à la détresse d’autrui. La justice n’est d’aucun secours, car c’est elle-même qui a plongé Timoléon dans la disgrâce. Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et condamné à une mort certaine aux galères, on ne lui laisse à aucun moment la possibilité de se défendre ou de prouver son innocence. Cela a provoqué chez moi une sensation de révolte tout au long de ma lecture.


On évolue dans un environnement sale et malsain. Les rues de Paris sont remplies de déchets, une vieille femme examine un garçon qui a « la tête remplie de poux », et les miséreux mangent des mulots morts trouvés dans le caniveau pour survivre…La lecture de ce livre laisse donc une impression de saleté constante, une atmosphère fétide plutôt oppressante. Comme Timoléon, on a envie de se débattre, d’en sortir et de retrouver de toute urgence un environnement propre et respectable. Nous le suivons donc dans sa quête de réhabilitation.


Un roman plutôt sombre, dérangeant tout au long de sa lecture, avec une fin ouverte. A ma connaissance, aucune suite n'est prévue à l'Or Blanc de Louis XIV, et j'aurais peut être préféré une fin fermée, un peu de répit, laissant entendre que les tourments de Timoléon, Fleuridor et Armande prenaient fin. Oppressant jusqu'aux dernières pages, et même au delà.


L'Or blanc de Louis XIV, Odile Weulersse, Pocket Jeunesse, mars 2010, 15.20€

Posté par lenelai à 09:47 - Romans ado - Commentaires [0] - Permalien [#]
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