La tourneuse de page

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11 février 2011

Quand j’étais déesse – Irène Cohen-Janca

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Ce récit court nous fait découvrir une des traditions du Népal.

Régulièrement, dans ce pays, une petite fille âgée entre 3 et 5 ans est choisie, selon trente-deux critères très stricts : entre autres choses, elle doit avoir de grands yeux ronds, une peau et une dentition sans défaut, les cheveux sombres… Elle doit en outre être de nature posée, ne pas craindre la peur (une épreuve est imposée aux candidates) et son horoscope doit être complémentaire avec celui de l’homme qui se trouve au pouvoir à ce moment.

La fillette élue devient alors Kumari (« Vierge »), incarnation vivante de la déesse Durga. Élevée au rang de divinité vivante, elle est dès lors vénérée et servie comme telle dans un riche palais. Ses pieds ne doivent jamais toucher le sol impur, elle se vêt selon des codes très stricts de la tradition Népalaise. Ses moindres faits et gestes sont analysés, ses moindres expressions sont porteurs de présages. Et tous les ans, la fillette bénit l’homme au pouvoir, ce qui lui confère le droit de régner.

Toutefois, ce statut de divinité vivante ne dure pas toute une vie. Toute émission de sang étant impure, la fillette est renvoyée chez elle et retourne immédiatement à une vie normale si elle vient à perdre du sang. Ce qui arrive de toute façon lors de la puberté avec l’arrivée des menstruations. Une nouvelle Kumari est alors élue.

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Quand j’étais déesse nous raconte l’histoire de Rashmila, une jeune fille de 11 ans, ancienne Kumari royale, fraichement renvoyée de son riche palais de Katmandou. Car on a retrouvé quelques gouttes de sang sur son poignet. Elle vit sa destitution comme une véritable injustice. Comme on peut se douter, le retour à la vie normale est difficile, et elle se souvient de son palais avec nostalgie. Elle refuse dans un premier temps de sortir de chez elle, ne connaît rien de la vie normale et vit en décalage avec son entourage. Puis, peu à peu, elle se remet à sortir, se réapproprie son corps et retrouve une certaine joie de vivre, le droit de rire,de pleurer ou de crier (ce qu’une Kumari ne peut pas faire).


J’ai été absolument fascinée par cette tradition népalaise.

Touchée par cette fillette, propulsée à seulement 4 ans dans un univers de traditions en complet décalage avec la vie normale. Comment ne pas être interpellé par le sort de ces jeunes filles destituées, qui doivent descendre aussi brutalement de leur piédestal? Le choc doit être bien rude, d’autant plus que la reconversion n’est pas aisée. N’ayant pas eu la vie normale des autres jeunes filles, elles n’ont pas la même éducation. De plus, elles ne pourront pas  se marier. En effet, selon les croyances, le mari d’une Kumari mourra dans l’année.


Quand j’étais déesse – Irène Coyen-Janca- Rouergue – collection Dacodac- Janvier 2011-96 pages – 7€


Posté par lenelai à 18:43 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Quand j’étais déesse – Irène Cohen-Janca

    J'ai bien envie de le lire celui-là, ce genre de tradition m'est intéressant, et je suis curieuse de connaitre le ressenti de la fillette.

    Histoire vraie ?

    Posté par Branwen, 13 février 2011 à 10:16 | | Répondre
  • :)

    L'histoire de Rashmila n'est pas réelle, en revanche la tradition des Kumari l'est bien. ^^

    Posté par Lenelaï, 13 février 2011 à 10:41 | | Répondre
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